dimanche 9 mars 2008

Alpha Blondy attaque


Dans son édition N° 270 de mars 2008, le mensuel panafricain, Afrique Magazine (AM), a donné la parole à Alpha Bondy dans le cadre d'une interview. La super star ivoirienne de reggae n'a pas raté l'occasion pour fustiger, entre plusieurs sujets, le président du RDR, Alassane Dramane Outtara et son homologue du PDCI, Henri Konan Bédié. Voici l'intégralité de cette interview. Vous avez chanté Grand-Bassam, vous y organisez régulièrement des festivals, depuis quelque temps vous y vivez plus qu'à Abidjan. Qu'est-ce qui vous lie à ce point à cette cité ?L'amour. Tout simplement. J'aime Grand-Bassam, et ses habitants me le rendent bien. Abidjan est un peu trop congestionné. Actuellement, je vis ici avec mon épouse, et dès qu'ils ont un peu de temps, les enfants nous rejoignent. Je dors et me réveille avec le bruit de la mer, je vais aider les pêcheurs à tirer leurs filets, ils me donnent quelques poissons, et, you know, je me sens bien.C'est une forme de sérénité que vous cherchez ?Je crois que quiconque aime l'eau et est villageois dans l’âme comme moi ne peut qu'aimer Grand-Bassam. Les grandes villes, you know, j'ai donné ! Abidjan, Paris, London, New York, ne m'intéressent plus. C'est le Dimbokro (sa ville natale, ndlr) enfoui en moi qui prend le dessus.Il y a au-dessus de l'entrée du bâtiment principal une statue de la Vierge Marie. Vous êtes en train d'en installer une autre au milieu de la lagune.C'est Dieu qui reprend aussi le dessus ?You know, je n'arrive pas à dissocier Dieu de mon cerveau. Descartes a écrit : “Je pense, donc je suis.” Moi, je dis : “Je pense, donc il est.” Et Dieu ne peut pas ne pas être. C'est pour cela que je dis que je n'ai pas de religion. Il est ma religion. Tout le bien qui m'arrive, c'est Dieu. Tout le mal qui m'arrive, c'est lui. Je n'arrive pas à dissocier Alpha Blondy de son créateur divin.Il n'y a, pour vous, aucune différence entre le Dieu des chrétiens, des musulmans, des juifs ou des animistes ?Ceux qui arrivent à diviser un en trois sont très forts.Que pensez-vous de ceux qui tuent au nom de Dieu ?Ce sont des gens qui se servent du nom de Dieu à des fins personnelles. En vérité, ce sont des gens qui connaissent bien le Tout-Puissant, mais qui ont décidé de le combattre. Son premier commandement est : “Tu ne tueras point.” Alors, moi, je ne comprends pas que quelqu'un qui prétend connaître Dieu, aimer Dieu puisse ôter la vie de Dieu. Il est plus près de nous que la veine de notre cou, dit le Coran. Il a créé l'homme à son image, dit ancien Testament. On ne peut pas être plus clair.Parlons maintenant de vous. Combien d'enfants avez-vous ?Ça n’a pas d’importance. En tout cas, ils sont heureux et moi, leur père, je suis aussi très heureux.Où est votre Hagana, votre premier fils ?Il est à Paris avec ses sœurs. J'ai deux filles qui sont à l'université. Il faut comprendre que le père que je suis ne veut pas diriger la vie de son fils. Chacun de nous a son propre destin.Les femmes ont-elles joué un grand rôle dans votre vie ?Oui. Déjà une femme m'a accouché. Mais les mères de mes enfants, ma femme, m'ont vraiment aidé à mener ma carrière, à m’équilibrer.Votre dernier album marche bien ?Très bien. Je fais comme les gars de la NASA. Quand je balance une sonde dans l'univers, je sais qu'elle est programmée pour aller là où elle doit aller.Vous êtes toujours produit par une “major ” ?Non, c'est fini, ça ! Vingt-cinq ans de major, ça suffit ! Je suis maintenant autonome. Le petit poussin a pris son envol. Je produis moi-même mes albums.Avez-vous d'autres artistes dans votre écurie ?Non, pas pour le moment. J'avais produit des artistes, à l’époque, mais je n'ai pas eu de chance et ils n'ont pas connu le succès que j'attendais. Parce que les majors, alors, voulaient seulement Alpha Blondy, mais pas ses artistes. Alors, maintenant, j'ai préféré me lancer dans l'immobilier et dans l'hôtellerie, you know.Comment qualifieriez-vous le dernier album ?Jah Victory est une œuvre majeure, parce que j'ai eu le temps de soigner l'écriture. Et puis, j'ai rompu avec cette peur de blesser.Quand les problèmes ont commencé, certains vous ont soupçonné d'y avoir été à la base, à cause justement de votre chanson “Guerre civile”. Comment avez-vous réagi quand les troubles ont débuté ?J'ai beaucoup pleuré. Je me suis dit que celui qui avait narré cette guerre m'avait mis dans la merde. Parce que j'ai du baoulé, du sénoufo, du tagbana en moi. La mère de mon premier fils est bété. J'ai un enfant guéré et un autre français. Et puis, un matin, ils décident d'en découdre. Et quand je me tais, ils m'interpellent : “Mais dis quelque chose !” Mais diantre, que voulez-vous que je dise ? C'est comme si on vous liait les deux pieds et les deux mains et que l'on vous demandait de faire une acrobatie.Est-ce vous que vous avez reçu des menaces, lorsqueLa guerre a commencé ?Non, aucune. Mais j'ai fui. D'abord sous mon lit, puis je suis venu à Grand-Bassam. Ensuite, je suis allé au Café de Versailles (un complexe de loisirs, construit par Alpha Blondy au quartier les Deux-Plateaux, à Abidjan). Après ça, je me suis dit que j'en avais assez de fuir.Vous avez été nommé messager de la paix par l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire). Qu'aviez-vous fait de particulier pour mériter cette nomination ?Je crois que c'était à cause de mes textes et de mes interviews.C'est Jean-Victor N'Kolo, qui était le porte-parole de l'ONUCI, qui me l'a proposé un jour. Mais avant que je sois nommé “ messager de la paix”, Charles Blé Goudé et Kouadio Konan Bertin (respectivement patron des jeunes patriotes, pro-Gbagbo, et président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, celui d'Henri Konan Bédié) venaient déjà au Café de Versailles. Et ça m'a aidé dans ma mission. Nous avions inventé la démocratie ivoirienne, la vraie, qui consiste à se dire toutes les vérités mais autour d'un kédjénou (plat typique ivoirien).Vous aviez proposé une “pyramide” de sortie de crise. En quoi consistait-elle ?Elle essayait de regrouper toutes les forces politiques. Le côté épineux, c’était le désarmement. J’ai proposé le service civique, comme au temps d’Houphouët-Boigny. Mais j’ai eu une chance inouïe. Pendant deux heures et demie, le président Gbagbo m’a écouté. Cela l’a grandi à mes yeux. Cette humilité mérite d’être soulignée. Quand j’ai été à Bouaké, Guillaume Soro aussi m’a écouté. Et j’avais des DVD intitulés “Tuez-les tous” qui parlaient de la guerre du Rwanda, que je leur ai distribué. Parce que lorsque tu vois des Nègres énervés les uns contre les autres, qui sont prêts à se couper la tête, il y a forcément la main secrète d’un marchand d’armes derrière. Et je crois que j’ai réussi à les “conscientiser” sur ce point.On vous a reproché d'avoir diffusé un clip très violent. On y voyait les affrontements entre les forces françaises et les jeunes patriotes devant l'Hôtel Ivoire, en novembre 2004, des cadavres, des corps mutilés...Mais, ce clip, ce sont eux qui l'avaient tourné ! Moi, j'avais déjà fait la chanson “ Armée française, allez-vous en ”.Qui, eux ?L'armée française. Je ne changerai pas d'avis sur ce point : ce qui s'est déroulé devant l'Hôtel Ivoire est hautement criminel. Je ne peux pas excuser une armée étrangère, la troisième du monde, à faire feu sur des civils, sous prétexte que dans la foule il y avait des gens qui ont tiré avec des pistolets. En France, en novembre 2005, les jeunes ont utilisé de vrais flingues contre les policiers. Pourquoi ils n'ont pas tiré sur ces jeunes ? Et je dis aussi que les forces impartiales, ce sont des foutaises. Gbagbo n'a pas caché ses intentions. Et les Français lui ont donné le OK pour attaquer Bouaké avec ses avions. Alors, tant que Gbagbo allait tuer ses frères nègres, il n'y avait pas de dégâts. Mais une bombe tomba sur le camp français... Moi, je dis que l'État français est coupable de la mort de ses neuf soldats. Il n'aurait pas dû laisser Gbagbo attaquer. Et l'ONU est complice. C'est bien le rôle des forces d'interposition de s'interposer, non ? Et l'ONUCI voulait que je sois impartial. Oui, mais elle, est-ce qu'elle l'est ? Voilà le malaise.Alors, êtes-vous toujours messager de la paix ou pas ?Je le suis.Mais l'ONUCI a dit...Mais l'ONUCI est coupable ! En fait, ils ne voulaient pas d'un messager de la paix, mais d'un mouton de la paix.Quelles sont vos relations avec le président Gbagbo ?Je l'aime beaucoup et il me le rend bien. Il m'a fait l'honneur de venir au Café de Versailles, et ça m'a beaucoup touché. Et puis, comme je vous l'ai dit, il m'a aussi reçu.Vous êtes donc un de ses supporters.Oui, et vous savez pourquoi ? Je le soutiens pour deux choses. Un, je ne veux plus jamais que ce qui s'est passé avec Bédié, les coups d'État stupides [allusion au putsch de Robert Gueï en décembre 1999], se répètent. Deux, je ne veux plus autoriser qu'une puissance quelconque vienne nous imposer des gérants et non des présidents. Des marionnettes, des chefs d'État qui leur sont redevables, qu'ils peuvent manipuler.Vous avez pourtant déclaré que vous étiez au RDR...Oui, mais je vais vous expliquer quelque chose. Vous savez à qui l'ivoirité a le plus profité ? C'est à Alassane Ouattara. C'était la victime idéale. “On ne m'aime pas, parce que je suis du Nord, on ne m'aime pas, parce que je suis musulman.” ca, ça marche pendant un moment. Mais on a un peu d'intelligence et on prend un peu de recul. Okay ? Moi, j'ai été manipulé. On m'avait fait croire qu'on avait refusé de renouveler mon passeport, parce que je m'appelais Seydou Koné. Je me suis alors énervé, et j'ai déclaré que j'allais au RDR. En vérité, ce type a eu tout le monde. A commencer par sa famille politique, le PDCI. Il avait dit : “Quand je frapperai ce régime, il tombera.” Il a frappé, et le régime est tombé. Et la démocratie avec. Ainsi, les coups d’Etat hebdomadaires et la guerre arrivèrent. Tous les malheurs de la Côte d’Ivoire ont commencé avec l’arrivée de Ouattara dans ce pays. Et cette fameuse guerre (de septembre 2002, ndlr) ? C’est encore lui. Zacharia Koné (un des chefs de guerre de la rébellion) l’a avoué : “Nous avons pris les armes pour Alassane Ouattara.” Mais ADO prétend qu’il n’y est mêlé ni de près ni de loin.Pourquoi est-il si lâche ?Que pensez-vous de Guillaume Soro ?Je pense qu’il est en train de jouer un rôle clé dans la fin de cette guerre, que Ouattara a financée et que Soro a assumée. Il n’est pas le seul, il y en encore d’autres qui se taisent. Je commence à penser, comme beaucoup d’Ivoiriens, que Ouattara ne pourra jamais être président de Côte d’Ivoire. Parce qu’il y a trop de sang versé en son nom, trop de larmes, trop de vies brisées.Vous avez soutenu Houphouët-Boigny, puis Bédié, et maintenant Gbagbo et Soro. Vous ne choisissez donc jamais ?Je n’ai pas soutenu des individus, mais l’Etat, la nation.Que pensez-vous de Henri Konan Bédié ?Le grand frère Bédié m’a beaucoup énervé, you know. Lorsqu’il a commencé son histoire d’ivoirité, j’ai couru après son camion qui allait droit dans le mur. On m’a envoyé paître. Mais quand le camion est tombé dans le ravin, je lui en ai voulu. Mais entre Bédié et Ouattara, Bédié est le moindre mal.Et entre Gbagbo et Bédié ?Je soutiendrais Gbagbo. Parce que si Bidié ne s’était pas laissé endoctriner par ce prestidigitateur de Ouattara, nous ne connaîtrions pas ce bordel.Que pensez-vous de l’accord de Ouagadougou ?Tout ce qui peut nous aider à sortir de cet enfer doit être encouragé.Vous pensez qu’il aura des élections ?Il y aura des élections. Mais je crois aussi que ça va dégénérer. Parce que Ouattara affirme que les sondages, je ne sais pas lesquels, le donnent élu au premier tour. Je crois qu’il prépare déjà le lit pour un bain de sang.Vous aviez dit que vous ne chanteriez plus tant que la guerre ne serait pas terminée. Vous avez sorti un album. Est-ce à dire que la guerre est vraiment finie ?Oui. Je le pense. Parce que nous savons maintenant précisément qui l’a déclenchée.Qu’est-ce que l’Union africaine signifie pour vous ?Pour moi, c’est l’union des anti-démocrates. Parce que 80 % des présidents sont arrivés au pouvoir par coup d’Etat. Il faut que ça s’arrête.Croyez-vous en l’unité africaine ?J’y crois. Mais nous sommes -nous donné les moyens pour que cette unité soit une réalité ? Pour le moment, c’est seulement un projet. Je crois que ce seront les futures générations qui pourront la réaliser. Ce qu’il nous faut d’abord, c’est asseoir une vraie stabilité et une vraie démocratie.Que pensez-vous de ce qui se passe au Kenya ?Je suis triste de voir qu’au Kenya, il y a les mêmes mains qui créent cette situation.Quelles mains ?Celles des puissances occidentales, bien sûr ! En ce moment, c’est Mugabe qui est le sanguinaire, demain ce sera un autre. Elles créent et encouragent ces situations difficiles, parce que nous, Africains, ignorons la puissance financière que nous représentons. Nous sommes comme des enfants qui ont des bonbons très succulents en main, mais qui ne savent pas les apprécier.Trouvez-vous normal que, sous nos pieds, il y ait autant de richesses et qu’à la surface, il y ait autant de misère ?C'est vous qui avez chanté que les ennemis de l'Afrique, ce sont les Africains.Oui, je l'ai chanté. Mais il faut dire aussi qu'on s'est servi des Africains. On a toujours dressé un Africain contre un autreAfricain.Aux États-Unis, on voit un Noir dans la course présidentielle. Qu'en pensez-vous ?Martin Luther King sera très fier. Sa prophétie se réalise.Au moins, on saura que les Noirs ne savent pas que danser. C'est aussi la preuve que les États-Unis sont une vraie démocratie. Barack Obama est en train de montrer que les Noirs américains sont des citoyens à part entière. Ce n'est plus une question de couleur de peau, mais c'est la question d'être à la hauteur. Source : Afrique Magazine (AM)

polémique autour du désarmement

Un débat à la fois faux et idiot. C`est ainsi que le Chef de l`Etat Laurent Gbagbo et son Premier ministre Guillaume Soro ont qualifié le débat qui alimente les conversations dans les rues d`Abidjan mais aussi et surtout les QG des formations politiques. Il s`agit de celui relatif à l`organisation des élections avant ou après le désarmement. Profitant de la journée de l`anacarde qui a eu lieu vendredi dernier à Korhogo, Guillaume Soro a lancé le débat. "Je trouve le débat sur les élections avant ou après le désarmement idiot". Il a été rejoint par Gbagbo. Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies en Côte d`Ivoire, ONUCI FM, le Chef de l`Etat a déclaré ceci : "Ça, c`est un faux débat, c`est un faux débat. Il faut appliquer les textes de l`accord. Je me souviens que quelqu`un a dit que ce débat était idiot et il n`avait pas tort. Parce que ce débat n`a pas sa raison d`être. Nous, notre objectif c`est d`appliquer l`accord que nous avons signé. Or l`accord que nous avons signé dit de faire le désarmement. Donc nous allons faire le désarmement. Nous allons le faire. Dans la question du désarmement, il y a cette question des grades." Sans soutenir clairement leurs positions, Gbagbo et Soro, entretiennent le flou dans les esprits de leurs partisans. Contrairement à Alassane Ouattara qui a clairement affirmé sa position. Pour le président du RDR, les élections peuvent se tenir avant le désarmement. Il s`est appuyé sur les cas de certains pays qui ont connu la guerre et où les élections se sont tenues pendant que les gens étaient en armes. ADO soutient que dès lors que les soldats et les armes sont cantonnés et ne circulent plus dans les rues, l`atmosphère peut permettre d`aller aux élections. Le désarmement proprement dit, c`est-à-dire, le dépôt définitif des armes, doit être l`affaire du nouveau régime. C`est celui-ci qui doit récupérer les armes des ex-belligérants. Il venait ainsi de rejoindre la position du Président Henri Konan Bédié qui milite également pour des élections sans un dépôt définitif des armes. La plus grande préoccupation est de savoir ce que le commun des Ivoiriens entend par "désarmement". Pour que les uns et les autres le comprennent bien, nous avons cherché et trouvé ce que disent notamment les différents accords signés par Gbagbo et Soro sur la question. Le désarmement selon l`Accord de Linas-Marcoussis signé le 24 janvier 2003. Cet accord qui est l`un des tout premiers accords signés entre le régime et ceux qu`on appelait encore dans le temps, les rebelles, a défini en son point VII, la question." (…) Dès sa prise de fonctions, le gouvernement de réconciliation nationale entreprendra le processus de regroupement concomitant des forces en présence sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises. 2) Dans une seconde phase, il déterminera les mesures de désarmement et de démobilisation, qui seront également menées sous le contrôle des forces de la CEDEAO et des forces françaises. 3) L`ensemble des recrues enrôlées depuis le 19 septembre seront immédiatement démobilisées. 4) Le gouvernement de réconciliation nationale assurera la réinsertion sociale des militaires de toutes origines avec l`appui de programmes de type Désarmement Démobilisation Rapatriement Réinstallation Réinsertion (DDRRR) susceptibles d`être mis en oeuvre avec l`appui des partenaires de développement internationaux.5) Le gouvernement de réconciliation nationale prendra les mesures nécessaires pour la libération et l`amnistie de tous les militaires détenus pour atteinte à la sûreté de l`Etat et fera bénéficier de la même mesure les soldats exilés. La loi d`amnistie n`exonérera en aucun cas les auteurs d`infractions économiques graves et de violations graves des droits de l`homme et du droit international humanitaire. 6) Le gouvernement de réconciliation nationale procèdera à un audit de ses forces armées et devra déterminer dans un contexte économique difficile le niveau des sacrifices qu`il pourra consentir pour assurer ses obligations en matière de défense nationale. Il réalisera sur ces bases la restructuration des forces armées et demandera à cette fin des aides extérieures. (…) "Puis vint l`Accord politique de Ouaga signé dans la capitale du pays des hommes intègres le 4 mars 2007 entre Gbagbo et Soro. Accord à l`issue duquel le second est devenu le Premier ministre du premier. Au point III intitulé " Des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d`Ivoire " l`Accord de Ouaga définit lui aussi la question du désarmement. Le désarmement selon l`Accord de Ouaga signé le 4 mars 2007"(…) 3.2. Du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion3.2.1. Les Parties au présent Accord conviennent de procéder, dans les meilleurs délais, au désarmement des forces en présence conformément aux recommandations des Accords de Linas-Marcoussis et aux modalités prévues dans les accords militaires suivants : Le Plan Conjoint des Opérations du DDR (PCO) signé le 09 janvier 2004 et actualisé lors du séminaire sur le désarmement organisé du 02 au 06 mai 2005 à Yamoussoukro sous l`égide de la médiation Sud-africaine ;Le Programme national de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR/RC) et son chronogramme, adoptés le 9 juillet 2005 à Yamoussoukro ;Les conclusions de la séance de travail tenue à Yamoussoukro le samedi 14 mai 2005 entre les Chefs d`Etat-major (CEM) des FDS et des FAFN. 3.2.2. Les Parties conviennent d`accélérer le démantèlement et le désarmement des milices.3.2.3. Les Parties conviennent d`accélérer le processus de regroupement sur les dix sept (17) sites préalablement localisés et d`exécuter le chronogramme du PNDDR actualisé.3.3. Le Service civique3.3.1. Les deux (02) Parties conviennent que le Service civique, destiné à encadrer toute la jeunesse de Côte d`Ivoire et à la former en vue d`un emploi, accueillera également tous les jeunes qui se sont familiarisés avec le maniement des armes pour les besoins de la guerre, dans le but de les encadrer et de les former pour de futurs emplois civils ou militaires.3.3.2. L`organisation et le fonctionnement du Service civique seront définis par décret pris en Conseil des Ministres (…) "En dépit de tous ces efforts pour clarifier la notion du désarmement, il semble que celle-ci soit encore au centre des débats. C`est peut-être pour ces raisons que les deux ex-belligérants ont, une fois de plus signé les accords complémentaires à l`Accord politique de Ouagadougou. C`était le 28 novembre de l`année dernière. Cet autre accord signé sous les auspices du facilitateur de la crise ivoirienne, Blaise Compaoré comme le précédant, fait encore cas du désarmement.Le désarmement selon les Accordscomplémentaires de Ouaga signésle 28 novembre 2007" (…) Article 1 : les deux Parties décident que le Regroupement des ex-combattants, le stockage des armes et le démantèlement des milices débuteront au plus tard le 22 décembre 2007, sous la conduite du Centre de commandement intégré (CCI) et la supervision des Forces impartiales.Pour opérationnaliser le Regroupement, les deux Parties décident de démarrer le recrutement pour le service civique au plus tard le 22 décembre 2007, conformément au paragraphe 3 de l`accord politique de Ouagadougou, sur la base des sites déjà aménagés à cet effet. Article 2 : Aux fins de facilitation du processus de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (DDR), prévu au paragraphe 3.2.1 de l`Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties conviennent de faire verser par le Gouvernement une allocation forfaitaire mensuelle, dont les montants seront précisés par décret pris en Conseil des Ministres, pour assurer les opérations de démobilisation, l`alimentation et la prise en charge des ex-combattants, jusqu`à leur réinsertion ou leur intégration dans les nouvelles Forces de Défense et de Sécurité(FDS) ou dans la vie civile (…)". Comme on le voit, le désarmement a été et continue d`être au cœur de toutes les négociations depuis l`éclatement de la guerre en 2002. Près de six ans plus tard, il demeure toujours d`actualité. Alors après la lecture de ces différents ``accords`` sur la notion, question à dix mille dollars. "Les élections doivent ou peuvent-elles se tenir avant ou après le désarmement ?" Les jeux sont ouverts. Yves-M. ABIET

milices: une bombe à retardement

Certains sont dépités. D'autres ont quitté les rangs. D'autres encore se nourrissent d'espoir. Nombreux y ont laissé leur vie ou une partie de leur corps. Tous se font discrets. Et pourtant, ils sont là, ces "jeunes coureurs" au crâne rasé qui circulaient par cohorte au plus fort du conflit, dans les rues d'Abidjan, ceinturon en main, arborant treillis militaires et se réclamant des groupes d'auto-défense politiques. Reportage chez des miliciens du sud.Le camp de la septième compagnie de la Force spéciale d'intervention rapide (FSIR) est situé à Abobo Avocatier. C'est un camp de fortune. Les locaux inachevés appartiendraient à l'Office pour la commercialisation des produits vivriers (OCPV), à en croire Pharaon, le "commandant" du camp. Son vrai nom est Mathias Angbra, "on n'a plus de raison de se cacher", chuchote un de ses adjoints.“Nous, on boit du sang”Ce mardi 27 février 2008, il y a une trentaine de miliciens au camp. Cette appellation ne les offusque plus. " C'est comme vous voulez ", laisse entendre, indifférent le "commandant" en second du camp Didier Ermenne Bli. Au lendemain de la crise, au cours des années 2003-2004, quand le conflit était à son comble, ils revendiquaient le titre de combattants de groupes patriotiques d'auto-défense. Pour le chef de l'Etat, ils n'étaient que de "jeunes coureurs" inoffensifs qui circulaient en chantant dans des langues du pays, avec ceinturon et rangers de soldats, dans les rues de la capitale économique, Abidjan. Dans le camp de fortune, assiégé depuis environ cinq ans, les miliciens présents s'adonnent à des exercices de commando. Le "soldats" Mal Mal escalade le mur du bâtiment inachevé, monte sur des charpentes du toit à une vitesse de champion, puis saute de la toiture pour descendre au sol sus un "tchaï" de taekwondo-in repris en chœur par la trentaine de "soldats" présents, plantés comme des " i" sous le regard fier du "commandant", Pharaon et l'attention ferme du "général" Watchard Kédjébo. Ce dernier est un leader patriotique. Il a créé en 2003, son mouvement, le Comité national de libération de Bouaké (CNLB) pour "contribuer à libérer ma ville qui est Bouaké". Il est l'initiateur du FSIR. Ce mardi, il est en tournée dans ses bases. La tournée vise à faire savoir aux "soldats" que le responsable qu'il est, ne les a pas lâchés. Contrairement à ce que nombreux croient être le cas, relativement à l'Etat."Généraux Moribonds"" Nous avons combattu pour notre pays et aujourd'hui le pays est en train de nous rejeter ", regrette le "commandant" Pharaon. Une sorte de sentiment de dépit quasi partagé dans tous les milieux miliciens. A Yopougon Koweit, cet après-midi du mardi, des éléments de la troisième "compagnie" de la FSIR, s'adonnent à des entraînements sur un terrain vague non loin de la lagune. A la différence de leurs camarades d'Abobo qui sont dans un camp de fortune en attendant leur hypothétique prise en compte dans un programme de réinsertion, eux, ont regagné leur domicile respectif. Cependant, ils se rassemblent sur ce terrain vague, deux fois par semaine ou de façon ponctuelle quand la situation l'exige. L'épisode douloureux des affrontements sanglants d'Azito qui ont opposé des miliciens du Groupement des patriotes pour la paix (GPP) à des jeunes de Yopougon Niangon, est pour quelque chose dans ce choix. Le "commandant" Wassa, de son vraie nom Bénié Bi, rappelle que lui et ses éléments ont été sur de nombreux fronts, au moment où des " généraux moribonds étaient loin des fronts et donnaient des ordres contradictoires ". Le "commandant" Wassa déclare qu'en 2004, " avant les batailles de M'bahiakro et de Logoualé ", sa " compagnie comptait 230 "soldats". Tous ont déserté. Aujourd'hui, nous sommes 117 ", fait-il savoir. A la question de savoir où sont passés les 73 autres, il lâche un tantinet amer : "Tirez vos propres conclusions. C'était la guerre ".DésillusionDe fait, de nombreux miliciens ont laissé leur vie dans les combats sur les fronts de l'Ouest, notamment. L'attaque de Logoualé par les forces loyales au chef d'Etat Laurent Gbagbo a été menée en février 2005 par des "jeunes coureurs". Mal équipés mais farouchement déterminés, ils ont tenté une percée en zone rebelle, sans succès. Nombreux y ont laissé leur vie. Le "commandant" Wassa regrette globalement "des dizaines de morts". Il est surtout dépité par la promotion des "généraux moribonds et corrompus" faite par le chef de l'Etat. De Yopougon à Abobo, tout comme à Port-Bouët, à Tiassalé, à Adzopé, etc. dans des camps de fortune ou dans des domiciles où ils sont stigmatisés, nombreux sont les miliciens qui commencent à perdre patience. " Si on décide qu'il n'y aura pas d'élections, il n'y aura pas d'élections. Et à cette allure, les autorités pour qui on a combattu sont en train de nous pousser à bout. Nous pouvons et nous savons nous faire entendre ", déclare le "commandant" Pharaon. En attendant que le programme de réinsertion des ex-combattants se mette effectivement en place, les milices du Sud adoptent profil bas dans la capitale économique. Leur capacité de nuisance (détention d'armes de guerre, comportements para-militaires, sentiments d'insécurité ressentis par les populations…) qui ont forgé leur réputation d'âmes fêlées, elle, demeure, incontestablement intacte. Une bombe à retardement…André Silver Konan

Gouvernement Soro - Amon Tanoh s’offre une villa de 500 cent millions de FCFA

source: l'intelligent d'abidjan
Amon Tanoh est depuis peu, selon des documents notariés en notre possession, l’heureux propriétaire d’une maison sise à Cocody en face de la résidence de Sidi Diallo et de l’entrée principale du BNEDT, appartenant auparavant à un richissime pharmacien. Jouxtant la résidence de l’ambassadeur Georges Ouégnin, cette villa a été acquise à 5OO millions de FCFA, hors frais de notaire. Le ministre bat ainsi le record du château de Ouattara (300 millions de FCFA à l’époque mais qui valait plus d’un milliard lors de sa destruction en Septembre 2002) qui avait fait la une des gazettes en 91-92, mais il se rapproche de la résidence de 900 millions de FCFA de Guillaume Soro. Mieux un devis de cinq cent autres millions a été fait pour des travaux de mise à jour de la maison, soit environ un milliard FCFA au finish. Alors que son nom circulait pour succéder à Amadou Gon, en convalescence en France (et connu entre autres pour sa sobriété en matière de frasque et d’enrichissement personnel) le ministre Amon Tanoh Marcel, avec cette affaire qui crée de l’émoi au RDR, vient de griller toutes ses cartes, même si dans cette Côte d’Ivoire post-crise de l’enrichissement rapide, illicite et en vitesse, ce n’est pas du tout un crime d’acquérir des biens de cette ostensible façon. D’ailleurs, on entend déjà des gens dire qu’une maison est mieux qu’une voiture de cinq cent millions, comme si le milliard d’Amon Tanoh ne pouvait pas permettre d’acquérir des centaines de maisons pour les pauvres de tous les camps, en particulier les militants du RDR à qui il n’a consenti à donner récemment que quelques motos. Et dire qu’il ya un an à peine, Allassane Ouattara demandaient à ses cadres de cesser de manger seuls. Ismaël Dembélé